Neuf mois s’étaient écoulés depuis la grande évasion. Arthur menait une vie sans extra (à part ceux proposer à l’ouvreuse après l’ouverture…).
Son nouveau turbin l’avait ouvert au septième lard, lui dont la seule connexion culturelle était l’art postal. En effet, la mère d’Arthur, Bernadette, collectionnait les petits bouts de carton que sa sœur, qui était hôtesse de l’air ambiant, envoyait toutes les semaines à la famille Bertron : Mille baisers de Bang Knock, Coucou de Suisse, Souvenirs de Savahévou, Bonjour de la Chiche Corée…
La tata avait toujours un mot doux pour la famille. Bernadette enviait cette sœur qui jouait les filles de l’air : ses cartes étaient comme des morts sots de vie rêvée, ainsi, Arthur était devenu incollable sur les grands néons du cinéma : les séances frictions avaient sa préférence, notamment la trilogie de guère de toiles.
On peut dire qu’Arthur, depuis sa partie de cache-cache dans les gouges de la ville, avait pris goût à l’évasion. Les heures passées derrière son projecteur de mirages lui avait tourné la tête : il rêvait sans s’entrebâiller de voir un jour sa tête sur l’écrin blond, jouant les jeunes preums, au bras de la dernière Starlette de la Starac’, élue à l’une amie mitée des femmes de ménages de moins de 50 balais, chères au cœur de l’Audi aux tomates. Cependant, entre deux bobines, Arthur revenait dans la réelle alitée : comment faire son lit sous les sunlights lorsque sa tête est sur tous les trombones au scopes de tous les commissariats de quart tiers du pays ?! Dans ces cas là, Arthur regrettait de ne pas avoir purger sans peine les radiateurs de la taule de Fleurit. Au lieu de ça, il s’était laissé tenter sans se tâter par les beaux disques courts de l’ami Riton (qui possédait un mange-disque) et maintenant, il devait se terrer en se taisant.
Un jour, la patronne du cinoche décida de repasser l’œuvre à complétée du grand réalisateur japonais Shing Ton Sheck en V.O. sans les sous-titres afin que le spectre tâteur puisse tâter les sens mêmes du maître. Tous les soirs, Arthur débobinait le bazar devant une salle vide de monde. Que ce soit de son vivant ou de son mors, Sheck était voué à l’échec et mat.
Un soir pourtant, alors que tout roulait sur des trottinettes, l’inspecteur Paul Inter acheta un ticket et un exquis mot pour la rétrospective du chef à l’œuvre.
Inter avait toujours eu une passion pour le Japon. En effet, en l'honneur de sa patrie et pour chanter "Tiens voilà du boudin aux pommes" en choeur et au pas, Inter s'était engagé dans sa jeunesse dans la légendaire lésion étrangère. Il avait donc pas mal bourlingué. Et comme l'uniforme, ça en jette un max sur la baie nippone, il avait rencontré son premier amour lors d'un voyage au pays du caméscope numérique. La jeune femme lui en avait fait découvrir les dessous (qu'il s'était empressé de mettre sans dessus dessous) tout en le laissant sans un sou car il faut bien quelques yens pour se payer des sushi sans souci. Inter avait gardé la nostalgie du Japon et depuis, il aimait se nipper nippon et cultivait sa passion pour le 7ème lard japonais.
Paul Inter se glissa sans glousser dans la salle. Vieille habitude de flic... Sa devise : "comme on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, on ne traque pas les louches avec une vie aigre". Ainsi, l'inspecteur était du genre discret et distrait : il venait de croiser sans le froisser Arthur dans le hall.
Quant au petit Bertron, il était plutôt préoccupé par le surcroît de travail, que ce suspect spectateur pathétique lui imposait, que par le minois du type antipathique... Par sa faute, Arthur avait dû se débiner face à l'ouvreuse et ses petites douceurs pour faire turbiner la bobine... Rien ne laissait envisager la suite...