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Chapitre 3

De la mer à l'amer

 

Voici maintenant trois ans qu'Arthur avait claqué la porte du vieux loup de Loulou....Lorsqu'il sortit du bar, Arthur n'avait qu'une idée en tête : aller voir la grande bleue. Il brisa donc le nourrain pour se payer un aller simple dans un T.E.R. (en seconde classe, en wagon non fumeur et à moitié prix, vu qu'on était hors période scolaire et que la jeune génération bénéficie toujours d'un prix !), direction La Bourre Boule où, à défaut d'y voir sa mère en tongs, il finit par y voir la mer tanguer le long du golf clair. Il chercha un travail du côté des restaurants bon-chic-bon-genre de la côte, mais la paillote étant en crise, il dut se résigner à entamer une grève de la faim sans préavis et sans envie. Il regretta bien les soupes et les nouilles au beurre de Louis et commença à s'en mordre les doigts, en faisant bien attention d'en garder un bout pour le lendemain. Non, Arthur n'avait pas eu l'idée du siècle avec son idée en vogue sur les flots! On pouvait même penser que c'était la galère!

Un soir, alors qu'il suçait une pastille Vichy, afin de ne pas trop dépérir, il rencontra un drôle de zig qui se prénommait Bob. Le lascar était en fait un trafiquant de joints de culasse et de poudre d'escampette. Il cherchait un associé, car le commerce marchait bien en cette période d'incertitude générale. Il proposa l'affaire à Arthur qui accepta. C'est à ce moment qu'on peut dire qu'Arthur passa de l'autre côté de la ligne blanche (ce qui n'est pas étonnant lorsqu'on sait qu'il n'a jamais lu le code de la route). Ainsi, Bob apprit à Arthur tous les fils du métier sans faire dans la dentelle. Arthur fit son timide, au début, puis lorsqu'il put enfin ouvrir un PEP à la poste du quartier, il prit vite goût aux petits plaisirs éphémères qu'offre un herbier (un porte feuilles, quoi !) bien rempli. Le jeune Bertron fit donc sa place chez les grands bandits d'ici, et sans scrupule, la crapule !

Mets et lasse ! Beau mâle brandit ne profite jamais! Comme c'était prévu, cela arriva! Un soir où Arthur revendait pas loin de dix kilos de farine sans blé, il se fit prendre la main dans le sac de poudre par la brigade des stups qui avait repéré son manège depuis quelques mois. Lorsque le flic chargé de cette histoire interrogea Arthur, celui-ci lui raconta sa vie sans se faire prier. Le tribunal le condamna à trois ans de prison ferme dont une semaine avec sursis.

A la taule de Fleurit mais rugit, il avait au moins le gîte et le couvert et, pour un type qui avait faillit mourir d'un manque de menus Best of, ce n'est pas rien. Mais pour un nain gus de la campagne, la vie cellulaire (et l'ADN…) était un mystère. Arthur n'était pas au bout de sa peine.

Il partageait sa cellule avec deux autres types de son espèce : Henri, dit Riton qui purgeait une peine de quinze ans pour une sombre histoire de trafic d'armes de destruction minime mais pas anodine et Marius qui était fanny depuis que les poulets l'avait attrapé pour braquage à main levée, il avait écopé d'une peine de cinq ans. On peut dire que ces deux colocataires n'avaient rien d'enfants de chœur (ni de cœur et d'esprit d'ailleurs…) et ils avaient plus souvent bu le vin de messe que la messe elle-même…

 

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