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« L’aigre en vert »

Phivinar gratte et Logus Tinien tourne « L’aigre en vert »



 

Tournée 6 : Epaire y colle aux os

 

Tandis que Leplus est toujours à Milan - si long s'en tient à l'aversion latine -, Lili, dépêchée sur place par les Quip' façonne antre et hangar. En imper, Noël lui file le train sans remarquer les neuf et faux minets (en fait, mi-nains) qui lui emboîtent le pas. Lili reconnait immédiatement son odeur de renne.

Lili : Noël !! ? Mais vient faire ici ce vieux bout ? Aux dernières nouvelles, il jouait de la glotte en agitant ses grelots au Lidl des faubourgs de Rennes . Il n'offrait plus que des tas dos pleins de vices et de boutons aux mecs innocents (jeunes et rares) . Je croyais ce perclus dans le sapin ! Mort, entériné et empâté deux fois !!! Je ne peux pas nier que nous avons toutes cru à ses promesses ! " Vous êtes mes six reines, ma dream-team !! , nous disait-il. Bilan (sans remord) : gagneuse à seize ans ... entraîneuse à vingt ... "

A petits pas Noël, (dady sans dent du ciel) avait pris le train de Rennes pour Milan... Il n'était guère habitué à ce genre de filature et mais savait travailler sans s'enfiler. Tôt ou tard, il craignait cependant de commettre un impair. C'est avec un certain entrain qu'il enfilait en pensée Lili et ses sous à venir, à mille an d'imaginer qu'elle eut pu le reconnaître. Les bras chargés de paquets, pour dissimuler ses appâts rances, il chemina un bon moment derrière elle jusqu'à que celle-ci se dissipe en fumée au tabac du coin...

Tony Truand, un nègre d'Anvers , ex pensionnaire du Corps des bardes de la Reine Juliana y tenait récit Thal:

" Forêts humées :

L'histoire, qu'on sent sous Vienne (en hotte riche), commença un soir de des cendres lorsque Noël défit pour la énième fois les chemins de croix de "Mémé Lope", elle qui était très pieuse en brodait des tas et d'étoffe... Noël jouait, comme d'autres font des patiences, à retourner les fils, allant droit et galon vert. Il emmêlait à tel point les croix que devant la toile cirée, Elope, sa grand mère, s'y retrouvait à peine elle même - elle en perdait son lapin de cuisine et se prenait les doigts dans les fuseaux.. Horreur!! - Donc, ce soir là, Noël ne fut pas à la fête. Le père Epaire n'était du genre à faire de cadeaux. Tombant la veste et saisissant les deux aiguilles (à trique) ôtées du cardan, il asséna 12 coups sur l'Ephèse du fiston... Le feston en prit pour son gras, d'avis : "T'as intérêt à filer droit dans tache ambre... un doigt posé sur l'ours laid du veston, mon petit... " brailla l'Epaire, un brun éméché. Pour finir debout, il entonna son blues et, de couplets en complet veston retourna à ses vesses-de-loup.

Pendant ce temps Pépé Ulysse fumait ses six clopes du soir (habitude qu'il avait pris dans la houle marinière pour éviter le mâle d'Homère...) dans un coin du salon en lisant le Télémag. Plongé dans un mutisme depuis qu'il baillait en retraite, Ulysse ne s'emmêlait jamais dans les fils des controverses sessions de ses pairs... Sans vouloir faire dans l'ode lissée, Ulysse était l'un des ces patriarches patriotes qui n'aimait pas parler pour ne rien dire.

A peine Elope su qu'Ulysse étalait Troie qu'elle attendit son heureux tour d'airain... Tandis qu Ulysse se calte ipso (facto) de détroit en trou Hadès. Bref ! C'est las des barques qu'il débarque à Lade et boucle son tour... Mais Elope restait inconsolable... L'heure tourne d'Ulysse n'y changea rien.

Tous festoyaient en ce jour de vent divin, devisant sur les dits vins et l'aile et ganse de leurs robes. D'ailleurs, c'était l'heure de la messe cathodique de l'Inuit et de la benêt diction du simple père de l'amer réglisse... L'art transe mission en direct de la chapelle sixties (baptisée ainsi à cause de son plat fond très yéyé...) allait commencer ! L'anis vert servi du dit viné fils Rodrigue-Jésus crispé de Nase-Arrête (petit bled où les pauvres pêcheurs survivent contre vents et marais...) était l'occasion pour la famille Epair de réciter des patères et des navettes... Moment d'écueillement suprême ! Ce soir là, Elope ne faisait pas tapisserie et n'en avait que pour l'habit bleu... 70 ans dans l'étoffe qu'elle avait la Mémé !

Doux Jésus, dit le père en s'étalant sur le divan ! Ces talents Guy [1] fonde toi monnaie talion d être à l anguille dans le salon, broda sans peigne Elope. Cela mit le feu aux foudres du père Epaire... A peine Elope sous le gui étant allongée, qu'à longs jets s'étend le Guy : la coupe est pleine (et hop!). Elope éclopée cède et Guy se déguise en duc pour la tourner [2] .../...

Lili ( sortant de sa nostalgie ) : Nom d'un chien! Mais n'est ce pas dans le train que j'ai cru voir ce gominé ?

Tony, toussant ses calmants sévères, observait Lili à la dérobée. Grand spécialiste de la goutte du rhum, ce mousse à la voie transie, athlétique, sans escarre et solidaire, la dévorait des yeux..

Sans clope, Lili s'éclipse derrière un rideau enfumé du bar de la gare. Laissant l'académie des neuf à ses libations. Elle a rendez-vous au Grand Verre.

Noël ( en feu , déchet miné ) : Où est passée cette enfant de braise ?

Les neufs (effets minés) : Noël ! Crétin ! Lili a joué les filles de l'air...

Le barde (hagard) : Maintenant que Lili a filé, j'ai l'air de quoi dans ce corps de barde ?

Pressant le pas dans la nuit froide, Lili se dirige vers son rendez-vous. Elle ignore en corps le noir des seins de Tony.

Pour la suite, on est prévenu, on les attend, l'aimable Lili obsédée par l'idée d'aller danser, l'autre débile et sa queue de cocker, toute la bande, en somme, de joyeux têtards mâcheurs de fesses. Mais non, pas tout de suite, ils lui foutront pour une fois la paix, un temps du moins.

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[1] C'est le prénom du père Epaire

[2] Variantes : "Elope trop éclopée cède à la guise de Guy qui aiguise son nez perruque, ses dents grises en stuc...", "Elope éclopée décède aigrie excédée, grise...)"

 

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