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« L’aigre en vert »

Philvinar gratte et Logus Tinien tourne « L’aigre en vert »

 

Tournage 5 : L'impair lui colle aux os...

 

"Ce qui avait conduit T.G. à faire le déplacement jusqu'à Milan se trouvait dans l'une des poches intérieures de la valise en carton bouillie qui se balançait au bout de son bras tandis qu'il descendait les marches depuis la galerie centrale vers le hall étrangement vide de la gare. A part un balayeur, occupé à pousser un petit tas de papiers gras sur le dallage de marbre blanc, et un aveugle (auquel, discrètement, il lança un regard en coin), au pied de l'escalier monumental, il n'y avait personne. La lumière fade de l'aube qui tombait de la verrière inondait l'espace central d'une flaque de lait, laissant dans la pénombre les piles des arcades où il cru voir, un instant, glisser une silhouette. Un frisson lui parcouru l'échine. Serrant la poignée de cuir de sa valise, il s'apprêtait à traverser l'esplanade en direction de la sortie quand il aperçu, sur sa gauche, le faible vacillement d'une carotte..."

Lili glissa son ticket entre les pages avant de poser le volume sur le siège de la banquette. Elle tourna les yeux vers la fenêtre pour y croiser son visage avant de les laisser se perdre dans une obscurité opaque où, de temps à autres, apparaissaient et disparaissaient des taches de lumières, laissant deviner quelques habitations lointaines. Elle s'amusa un instant à suivre le balais des phares d'une auto qui, venant en sens inverse jouait à cache-cache entre les branchages. Son regard, à l'image de sa pensée, flottait entre le proche et le lointain porté par la vitesse. Elle ne voyait rien de la trajectoire du train mais elle en connaissait sa destination. Malgré le roulis et la chaleur du compartiment elle n'arrivait pas à se laisser aller à la douce rêverie du voyageur qu'elle avait pourtant maintes fois connue par le passé. Les évènements des derniers jours qui avaient interrompu le tournage la préoccupait tout autant que la teneur du télégramme que lui avait adressé Théophile avant sa disparition & Elle s'aperçut qu'elle regardait, depuis un bon moment déjà, une petite plaque de laiton gravée, fixée au châssis métallique de la fenêtre du wagon et sur laquelle était inscrit la fameuse formule :

Lili cru y lire un présage mais ne su décider si cela serait favorable ou néfaste à l'issue de son voyage... A cet instant précis, alors que le train pénétrait dans un tunnel, la poignée de porte coulissante de son compartiment fut actionnée. Lili surprise tourna la tête pour découvrir, sur le pas, un jeune homme au visage mélancolique.

Le jeune homme triste : N'avez-vous pas vu passer un pâle animal aux grandes oreilles?

Lili : Le lapin Blanc?

Le jeune homme : C'est une lapine... Vous l'avez vu?

Lili : Non! Pas de la pine.

Le jeune homme : ...Pourtant...vous semblez savoir qu'elle est blanche comme neige?

Lili : Il n'y a pas qu'elle...

Le jeu nomme : Vous en connaissez d'autres ?

Lili : Non juste celle qui rencontre les sept nains.

Le jeu gnome (interloqué): J'en suis un moi même...mais nous sommes neuf! Et je vous ai rencontré...

Lili : Vous poussez pas un peu?

Le jeune gnome inné : Non c'est de naissance!

Lili : Bah! J'ai du confondre avec une autre histoire... Y a plein de contes avec des chiffres : trois petits cochons pondus au plat font trois ours et sept mouches d'un coup qui font sept n'importe quoi... et puis zut!

Le jeu noeud go miné : Eh bien, vous avez du confondre comme neige au soleil car nous sommes bien neuf et mes frères ne devraient pas tarder à sortir du bois...

Lili (voyant se pointer huit autres gnomes tristes) : Quand on parle des loups!...

Les jeunes gros minets : Les neuf font l'impair.

Lili : L'imper ? Mais il ne pleut pas... du moins pas encore, mais Théo...

Lili s'arrêta net : évoquer Théophile n'arrangerait rien, elle s'en rendit compte et ce triste constat la peina plus encore. Son sourire - provoqué par l'entrée improbable des neufs beaux minés - s' effaça... les derniers jours avaient été riches en émotion... Cependant, le jeu des nains jeunes reprit pour la belle :

Les jaunes Sufs mollets : Des soucis ?

Lili (écoeurée) : Non merci, très peu pour moi &les sushi me rendent nauséeuse & et puis, j'ai déjà dîné : du lapin à la moutarde &et j'espère ne pas vous blesser... mais, ça vous arrive souvent ?

Les jeunes neufs moulés : Non, c'est la première fois, avant nous étions dix! Et puis il y a eu le coup du lapin : ce fut fatal ! Vous savez, on ne se méfit jamais assez de ces choses là.

Lili : C'est sûr ! J'en suis navrée pour vous &et le coup de la pine n'a rien de comparable...

Les jeunes gnous laids : Les choses ne sont pas toujours celles qu'on croit ! Par exemple, tenez : au lieu de dire quelle l'heure est-il? Il faudrait mieux dire : quel leurre est-il ? N'est-ce pas ?

Lili (perplexe) : Certes, le temps est incertain... d'où l'imper, je suppose ?!

Les jeunes genoux raides : Oui, l'impair nous ramène à la triste réalité...

 

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